Pourquoi rejoindre l’initiative AllCities4OnePlanet?

En devenant membre de cette initiative, je souhaite partager mon expertise dans le domaine de la mobilité avec une ville en développement, et/ou bénéficier de l’appui d’une ville dont les engagements pour une mobilité urbaine durable ont fait leurs preuves. Dans les deux cas, je souhaite prendre du recul sur mes pratiques et m’enrichir du partenariat de long terme avec une autre ville du monde.

Quelles perspectives une fois que j’ai rejoint l’initiative?

En Décembre 2018, CODATU et ses partenaires feront le point sur les divers engagements reçus et proposera la création de binômes pertinents, au regard du profil des villes, et de leurs défis dans le domaine de la mobilité. Un appui pourra éventuellement être apporté dans la recherche de financements (voir « Boite a outils« ).

AllCities4OnePlanet : Notre Argumentaire !

L’humanité vit une période unique de son histoire que les spécialistes nomment la transition urbaine et qui va conduire au doublement de la population urbaine mondiale, de 3 milliards en 2000, à 6 milliards en 2050. La quasi-totalité de cette croissance se produira dans les pays en développement, dont notamment un milliard en Afrique sub-saharienne[1]. Les deux tiers des zones urbaines que nous connaîtrons en 2030 n’existaient pas en 2000[2].

Il s’agit d’un immense défi, mais également d’une opportunité pour inventer un monde nouveau, dans lequel les villes de demain auront réussi à relever les défis d’aujourd’hui, et en premier lieu au changement climatique puisque les villes sont responsables d’environ 75% des émissions de CO2[3].

En particulier, la manière dont la mobilité urbaine va évoluer dans les villes du Sud sera cruciale pour ce futur monde urbain, car elle détermine en grande partie la forme et la structure urbaine de long terme. Il est essentiel d’intervenir maintenant pour éviter au Sud les erreurs souvent commises au Nord, à commencer par l’inclination pour le « tout automobile » et l’étalement urbain. La révolution numérique élargit le domaine du possible et augmente les espoirs de progrès rapides.

Cela fait bientôt 40 ans que la CODATU développe des échanges entre le Nord et le Sud en matière de mobilité urbaine. Mais devant l’urgence de la situation, nous estimons qu’il est temps de repenser nos pratiques à travers une mobilisation historique de toutes les villes du Monde. Le réchauffement climatique ne connait pas de frontières territoriales ou nationales : tous les efforts entrepris par les gouvernement nationaux et locaux du Nord seront vains si les villes du Sud ne sont pas appuyées efficacement.

Pour aider les villes en développement sur cette thématique de mobilité urbaine durable, la coopération et le partage d’expérience avec d’autres villes nous parait être la méthode la plus efficace pour réussir sur le long terme. Cet accompagnement doit renforcer les institutions locales, former les acteurs, mener des actions pilotes, et aider à produire des projets adaptés à chaque contexte et qui seront ensuite financés par les instruments classiques de niveau national ou international.

Les villes du Nord ont une responsabilité particulière, par leur historique de rejets de gaz à effet de serre, et par l’expérience accumulée sur la gestion des services urbains et de la mobilité en particulier. Elles doivent donc se mobiliser pour appuyer efficacement des villes sœurs du Sud.

Cela représentera des sommes très faibles par rapport à ce que les villes du Nord dépensent déjà pour atténuer ou s’adapter au changement climatique. Mais l’impact sera considérable par euro investi, tant les marges de progrès sont grandes au Sud. Nous estimons qu’un effort annuel de l’ordre de 0.02 % du budget des villes du Nord, essentiellement en ressources humaines, appuyé sur des méthodologies efficaces de partenariat entre villes, permettra de provoquer un changement considérable au Sud.

Cette coopération entre villes peut s’inspirer du guide de la coopération décentralisée, en matière de mobilité urbaine, publié par CODATU. Il est important qu’elle respecte quelques grands principes :

  • Promouvoir une approche globale de la mobilité, sur la durée, qui travaille sur l’offre mais aussi sur la demande, qui intègre la question urbaine, qui englobe aussi le transport artisanal et les modes actifs de déplacement, et qui est planifiée de manière stratégique ;
  • Toujours analyser les particularités locales et s’y adapter sans chercher à copier automatiquement les solutions mises en place ailleurs ;
  • Respecter les priorités locales, qui ne sont pas nécessairement le changement climatique. Des étapes intermédiaires peuvent être nécessaires ;
  • Promouvoir au maximum le renforcement et le bon fonctionnement des institutions locales, la formation des techniciens, l’appropriation des démarches ;

Cette nouvelle alliance est absolument nécessaire entre les grandes villes du Monde. Elle permettra non seulement de lutter efficacement et durablement contre le changement climatique, comme cela n’a encore jamais vraiment été tenté. Elle contribuera aussi au développement économique soutenable et local des pays du Sud, à la solidarité entre les peuples, et au renforcement des gouvernements locaux.

Pour les Villes du Nord et du Sud, inscrivez-vous sur le site web pour faire partie de cette grande initiative. Nous nous donnons jusqu’à la fin de l’année 2018 pour constituer un réseau d’acteurs à l’échelle mondiale, avant de passer à l’action en 2019.

Pour toutes les structures qui peuvent soutenir d’une manière ou d’une autre cet appel, secteur privé, fondations, Ministères, institutions internationales et bailleurs, réseaux de villes ou d’acteurs, inscrivez-vous également sur le site web pour rejoindre ce réseau.

[1] Données Nations Unies. World Urbanization Prospects: The 2014 Revision.
[2] Global forecasts of urban expansion to 2030 and direct impacts on biodiversity and carbon pools. Karen C. Seto, Burak Güneralp and Lucy R. Hutyra. PNAS September 17, 2012
[3] Cities and Climate Change: Global Report on Human Settlements 2011. UN HABITAT.